Au titre de sa première mandature,
qui s’inscrit résolument dans l’aube d’une ère nouvelle pour le Gabon, Guy Bertrand
Mapangou président du Conseil Économique Social Environnemental et Culturel a
ouvert le 17 février 2026 au siège de ladite institution et en présence du Vice-Président
du gouvernement et autres personnalités de la république les travaux de la
première session du CESEC.
Véritable pilier du dialogue
national, le Conseil Économique Social Environnemental et Culturel est un
espace républicain où s’expriment les préoccupations profondes de la Nation et
où se construisent, dans la concertation, des propositions utiles à l’action
publique.
C'est ainsi qu'a l'ouverture des
travaux le président du Conseil Économique Social Environnemental et Culturel
Guy Bertrand Mapangou a rappelé à tous et à toutes les missions de
l'institution dont il a la charge. <<La mission du CESEC est à la fois
claire et exigeante. Il nous incombe d’éclairer les choix de l’Exécutif et du
Parlement par des avis argumentés et fondés sur l’analyse rigoureuse des
réalités économiques, sociales, environnementales et culturelles. Il s’agit également d’anticiper les crises
par une veille stratégique constante en proposant des orientations susceptibles
de prévenir les déséquilibres sociaux et économiques. Le CESEC a également pour
devoir de porter la voix de la société réelle, celle des territoires, des
acteurs économiques, des organisations sociales, des communautés culturelles,
afin que les politiques publiques restent connectées aux réalités spécifiques
du terrain.>> A-t-il expliqué.
Par sa vocation, le CESEC se situe
au carrefour stratégique de l’État et de la société, assumant pleinement son
rôle de conseiller au service du Gouvernement et des pouvoirs publics.
Il est à noter que la force de
cette Institution réside, avant tout, dans la richesse de sa diversité
organique. En son sein se rencontrent et dialoguent les organisations de la
société civile, les ONG, les confessions religieuses, les représentants des
collectivités locales, des autorités traditionnelles, des populations
autochtones, de la diaspora gabonaise, ainsi que les acteurs économiques,
sociaux, culturels et environnementaux. <<Cette diversité affirmée dans
sa dernière réforme, n’est ni fortuite ni symbolique. Elle traduit la volonté
du Président de la République Brice Clotaire Oligui Nguema de faire du CESEC un
espace véritablement représentatif de la Nation. Cette alchimie permet au CESEC
de transformer les aspirations de nos cantons, villages et quartiers en recommandations
d’Etat.>> A laissé entendre Guy Bertrand Mapangou président du CESEC.
Pour cette session ordinaire, deux
thèmes majeurs ont été retenus, en parfaite résonance avec les chocs sociaux et
les défis structurels de notre temps auxquels notre pays est confronté. Ces
thèmes traduisent la volonté du Conseil Économique, Social, Environnemental et
Culturel de se saisir des questions sensibles, complexes et déterminantes pour
l’avenir du Gabon.
Tout en exhortant les conseillers
membres à véritablement se pencher sur les différents maux qui entravent la
paix sociale et le développement du pays. <<Face aux remous sociaux que
traversent notre pays, et plus particulièrement dans le monde de l’éducation,
le Conseil Économique, Social, Environnemental et Culturel estime nécessaire de
lancer un appel solennel en faveur d’une trêve sociale entre le Gouvernement et
les Partenaires sociaux.
Sans méconnaître la pertinence des
analyses soulignant le caractère structurel de la crise sociale gabonaise, il
convient toutefois de nuancer une lecture qui tendrait à disqualifier par
principe l’appel à une trêve sociale.
Celle-ci ne procède pas
nécessairement d’une vision conjoncturelle ou réductrice des tensions sociales,
mais peut s’inscrire dans une démarche pragmatique face aux multiples émois qui
traversent aujourd’hui le monde du travail.
Il importe également de rappeler que l’échec de certaines expériences
passées notamment en 2003 ne s’aurait conduire à rejeter l’outil en tant que
tel, mais invite plutôt à interroger les conditions de sa mise en œuvre.
Dans le contexte actuel, marqué
par une volonté affirmée de relance de la croissance et de redressement
économique impulsée par le Président de la République, Chef de l’État et Chef
du Gouvernement, Brice Clotaire Oligui Nguema, l’appel à une trêve sociale ne
doit pas être compris comme un renoncement, ni comme une résignation mais comme
un levier d’apaisement du climat social et du règlement pérenne du malaise
social exprimé par plusieurs secteurs du monde du travail.
En appelant à cette voie, le CESEC
réaffirme sa conviction que la paix sociale demeure notre bien collectif le
plus précieux, sans lequel ni les emplois, ni les primes, ni les postes
budgétaires et régularisation administrative, ni les réformes, ni la
croissance, ni le progrès ne peuvent être garantis pour tous et pour
chacun.
Les défis sont immenses, mais
notre responsabilité l’est tout autant. Nous avons le devoir de proposer des
solutions concrètes, justes et durables pour le Gabon. Notre engagement ne se
limite pas à l’analyse des problèmes ; il doit se traduire par des propositions
réalistes, pertinentes et capables de répondre aux besoins des citoyens tout en
anticipant les évolutions économiques, sociales et environnementales sur l’ensemble
de nos territoires. Nous devons travailler avec conviction et méthode,
conscients que chaque avis, chaque recommandation, chaque initiative peut avoir
un impact durable sur la vie quotidienne des Gabonais.>> A-t-il exprimé.
La Recrudescence des crimes
crapuleux de sang au Gabon constitue l'un des thèmes majeurs de cette session.
<<En appelant à ce débat, le CESEC entend provoquer un électrochoc à la
hauteur de la gravité des faits observés, afin de replacer la question de la
protection de la vie humaine, de la dissuasion et de la responsabilité pénale
au cœur de la réflexion nationale. Il s’agit donc moins de prôner le retour
absolu de la peine capitale que de poser, sans faux-semblants, la question de
l’efficacité de notre arsenal répressif et préventif face à des crimes
crapuleux qui se banalisent dans notre société.
Le débat proposé vise à interroger l’équilibre souvent précaire, entre
humanisme qui fonde notre civilisation et fermeté qui exige la protection de
nos concitoyens, sans céder ni à l’émotion aveugle, ni aux tentations du
simplisme.
En sa qualité de Vigile
républicaine, le CESEC a tiré une sonnette d’alarme face à une situation
alarmante, afin d’ouvrir la voie à une réflexion approfondie et plurielle sur
les solutions idoines à mettre en œuvre pour endiguer ce phénomène.
Ces solutions ne sauraient être
exclusivement pénales ; elles doivent s’inscrire dans une approche globale
mobilisant les leviers sécuritaires, judiciaires, législatifs, éducatifs et
sociaux, ainsi que d’autres mécanismes d’atténuation fondés sur la prévention,
la réinsertion et le renforcement du lien social.
Le second thème de nos travaux
nous plonge au cœur de notre identité profonde. Il sera consacré à l’Iboga (ou
EBOGHÈ, de son nom originel), envisagé comme un moteur économique et un levier
de la recherche scientifique et médicale. Il pose ainsi la problématique de la
valorisation stratégique d’un patrimoine culturel sacré et génétique d’une
valeur exceptionnelle. Malgré son potentiel reconnu, l’Iboga demeure
insuffisamment structuré et reste exposé à des risques de surexploitation, de
bio-piratage et d’appropriation illégitime des savoirs traditionnels par le
pillage du vivant. Pour le CESEC, il est essentiel d’ouvrir une réflexion
approfondie sur la structuration d’une filière responsable, la valorisation
scientifique et médicale encadrée, ainsi que la protection juridique et éthique
des connaissances ancestrales endogènes. À l’échelle du pays, ce débat
s’inscrit dans une logique de diversification économique, de souveraineté
scientifique et de rayonnement culturel du Gabon à travers cette plante
millénaire que certains qualifient déjà de « Pénicilline du 21ème siècle ».
C’est ce que nous allons faire tout au long de cette session de 21
jours.>>
Qu’il s’agisse de lutter contre
les crimes de sang devenus légion ou de faire de l’Iboga un véritable levier de
développement durable, ces réflexions visent à produire des réponses adaptées
et à orienter les politiques publiques vers des solutions durables et
respectueuses des valeurs sociales, traditionnelles et culturelles du pays, au
bénéfice des générations présentes et futures.
Rappelons que la dernière session
ordinaire du Conseil Économique, Social, Environnemental et Culturel, tenue du
02 au 30 septembre 2025, s’était distinguée par la densité et la qualité des
travaux menés.
Il y a 0 Commentaire(s)