Située dans
la zone industrielle de Nkok (banlieue de Libreville), ‘’La Santé
Pharmaceutique’’, cette usine de fabrication de médicaments qui était sensée
assurer l’autosuffisance en matière des produits pharmaceutiques est
aujourd’hui en proie à d’énormes difficultés, qui, si rien n’est fait dans
l’urgence, risqueraient d’entraîner sa fermeture.
Un
investissement de 30 millions de dollars, opérationnelle depuis 2020, l’usine
de fabrication des médicaments ‘’La Santé Pharmaceutique’’, produit près de 40
médicaments, tous agréés par l’Agence du Médicament et pris en compte par la
Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale, (CNAMGS), avec 77
agents dont près 67 nationaux, tous les ingrédients étaient réunis pour le
Gabon, résorbé une fois pour toute la problématique de la pénurie accentuée des
médicaments dans les structures hospitalières à travers le pays. C’est plutôt
le contraire qui semble se dessiner au regard des difficultés que traverse
cette entreprise au point qu’à ce jour, plusieurs tonnes de médicaments issus
de cette usine, d’un montant de près de 700.000.000 de FCFA sont menacés de
péremption, faute de commande de l’Etat. Une situation qui a entraîné l’arrêt
des activités après près de six mois d’arriérés de salaire des tous les agents.
Pour un
agent de cette société qui a requis l’anonymat, « La situation que
traverse notre entreprise est incompréhensible pour un pays qui veut assurer la
santé de sa population. Et le projet de La Santé Pharmaceutique était d’assurer
la présence des médicaments dans tous les centres de santé du pays à des coûts
réduits. Ce pari a été tenu » a-t-il affirmé. Ajoutant que « Notre
usine réponds aux standards internationaux et tous nos produits sont certifiés
par l’Agence du Médicament. D’ailleurs dans l’élan de la solidarité, notre
société a fait dons de plusieurs tonnes de médicaments qui ont été distribués à
la population. Mais nous ne comprenons pas pourquoi ceux qui ont la charge de
veiller à la fourniture des médicaments dans les hôpitaux et autres
établissements de santé publique ne veulent pas valoriser les médicaments
‘’made in Gabon’’ pour préférer les médicaments importés à des coûts
prohibitifs » s’est il interrogé.
Qu’est ce
qui peut donc expliquer la mise en faillite programmée d’une société qui
devrait pourtant faire la fierté nationale en matière de fabrication des
médicaments certifiés dans un environnement où les centres de santé publique
manquent du minimum nécessaire pour une prise en charge adéquat des
patients ? Pourquoi le ministère de la Santé ne s’intéresse pas à nouer un
partenariat avec cette société pour assurer la distribution de médicaments dans
les structures de santé publique ? Car il faut bien le rappeler, près de
40 produits (antibiotiques, antipaludéens, antiparasitaires, paracétamol, …..)
sont pris en charge par la CNAMGS. Des
produits qui peuvent sauver des vies dans les centres de santé et dispensaires
qui manquent presque de tout.
Pour sauver
cette entreprise qui nourrit pourtant plusieurs ambitions dans le domaine de la
promotion des produits pharmaceutiques, l’ensemble des agents tournent leurs
regards vers le Président de la République, Chef du gouvernement Brice Clotaire
Oligui Nguema dont la santé de sa population occupe une place importante dans
son projet de société.
« Nous
lançons respectueusement cet appel de détresse à l’endroit du Président de la
République pour qu’il regarde de très près la situation de cette société
stratégique. On a l’impression que ceux qui ont la charge de veiller à la
fourniture des médicaments aux populations ont leurs intérêts ailleurs, d’où le
désintérêt qu’ils affichent vis-à-vis de cette usine qui a la capacité de
ravitailler en médicaments, toute le sous région. Monsieur le Président, sauvez
notre entreprise pour que votre population ait accès aux médicaments fabriqués
sur place ». Ont-ils lancé au Chef de l’Etat.
Dans
l’attente, les différents acteurs qui interviennent dans la chaîne de
ravitaillement en médicaments des structures sanitaires publiques notamment l’Office
Pharmaceutique Nationale (OPN) devrait privilégier les produits ‘’made in
Gabon’’ qui ont un double avantage, la disponibilité et le prix qui pourraient
rendre ces produits accessibles sur toute l’étendue du territoire.
Rédaction TVR
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