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Economie Marcelin Alinou 2026-10-05 97 Vues Comments (0 Comment(s))

Gasoil : le bout du tunnel à Libreville, le ravitaillement reprend progressivement

Après plusieurs jours de fortes tensions dans les stations-service du Grand Libreville, la situation connaît une évolution favorable. Le navire attendu pour approvisionner le marché gabonais est désormais à quai, ouvrant la voie à une reprise progressive de la distribution du gasoil.

Depuis le mercredi 30 septembre 2026, le manque de gasoil dans plusieurs stations-service du Grand Libreville a provoqué de longues files d’attente et des restrictions de vente, certaines stations limitant les achats à 10 000 francs CFA par véhicule. Une situation qui a fortement perturbé les automobilistes et suscité de nombreuses interrogations dans un pays pourtant producteur de pétrole.

Le bateau attendu est finalement arrivé

La principale source de tension semble désormais s’éloigner. Le navire transportant une partie des produits pétroliers importés est arrivé, permettant aux opérations de ravitaillement de reprendre progressivement.

Sur le terrain, les équipes en charge du secteur pétrolier ont suivi de près les opérations afin d’accélérer la remise à niveau des stocks. Le retour du gasoil dans les stations-service doit ainsi s’effectuer progressivement, au fur et à mesure de la distribution.

Cette arrivée constitue un soulagement pour les automobilistes, les transporteurs et, plus largement, pour l'ensemble de l'activité économique fortement dépendante de la disponibilité des produits énergétiques.

Pourquoi un pays pétrolier peut-il manquer de gasoil ?

La question a été au cœur des interrogations ces derniers jours.

Selon les explications fournies par les responsables du secteur, la production pétrolière du Gabon ne signifie pas pour autant une autonomie totale en produits pétroliers raffinés. L'approvisionnement du marché repose sur deux composantes : la production issue de la Société gabonaise de raffinage, SOGARA, et les importations de produits finis destinées à compléter les besoins nationaux.

Or, ces importations sont soumises aux fluctuations du marché international, aux coûts du transport maritime, de l'assurance et du fret, mais également aux aléas logistiques pouvant retarder l'arrivée des cargaisons.

Le directeur général de l'administration chargée du secteur pétrolier et gazier, Thibaut Idoumi, explique notamment que le moindre retard dans l'acheminement d'un navire peut rapidement se répercuter sur l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement.

Une consommation nationale en hausse

À ces contraintes logistiques s'ajoute l'évolution de la demande intérieure.

La multiplication des chantiers et des grands projets à travers le pays entraîne une consommation accrue de produits pétroliers. Une augmentation de la demande qui exerce une pression supplémentaire sur une chaîne d'approvisionnement fonctionnant, selon les autorités, avec des marges de manœuvre limitées.

Le moindre retard peut donc provoquer des tensions rapidement visibles dans les stations-service.

L'État mobilisé pour éviter une nouvelle rupture

Face à la situation, le ministère du Pétrole et du Gaz a activé, dès les premiers signes de tension, une concertation avec les différents acteurs de la filière.

Le ministre Clotaire Kondja assure que l'État suit quotidiennement l'évolution de la situation et travaille avec les opérateurs afin de sécuriser l'approvisionnement du marché national.

L'objectif est désormais clair : rétablir rapidement un fonctionnement normal des stations-service et surtout tirer les enseignements de cette crise ponctuelle afin d'éviter qu'un nouvel incident logistique ne provoque une rupture similaire.

Le retour à la normale se précise

Avec l'arrivée du navire attendu, le scénario d'une prolongation de la pénurie semble désormais écarté. Le ravitaillement des stations-service doit permettre une amélioration progressive de la situation dans le Grand Libreville.

Après plusieurs jours d'attente, les automobilistes devraient donc progressivement retrouver un accès normal au gasoil.

Cette crise aura toutefois remis au premier plan une question stratégique : comment garantir durablement la sécurité de l'approvisionnement en produits pétroliers d'un pays producteur de pétrole ?

Au-delà du retour à la normale, les prochains mois devront ainsi permettre de renforcer les capacités de stockage, d'anticipation et de sécurisation de la chaîne d'approvisionnement.

Pour l'heure, le signal est positif : le navire est arrivé, le ravitaillement reprend et la pression devrait progressivement retomber dans les stations-service du Grand Libreville.

Marcelin ALINOU

Alinou Marcelin

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