Longtemps
éloignés des mécanismes classiques de sécurité sociale, les commerçants et
travailleurs indépendants pourraient bientôt mieux préparer leur avenir. Avec
le Régime des travailleurs mobiles et indépendants (RTMI), la Caisse nationale
de sécurité sociale (CNSS) entend élargir l’accès aux cotisations et ouvrir de
nouvelles perspectives à ceux qui aspirent à une retraite plus sereine. À
Libreville, une campagne d’immatriculation dans 16 marchés et sites commerciaux
est annoncée pour le 26 octobre 2026.
Travailler
toute une vie sans savoir de quoi demain sera fait. Pour de nombreux
commerçants, cette réalité nourrit une inquiétude silencieuse. Les années
passent, les journées s’enchaînent derrière les étals, mais la question de la
retraite reste souvent sans réponse. Comment vivre dignement lorsque l’âge
impose de ralentir, voire de cesser son activité ?
C’est à
cette préoccupation que le Régime des travailleurs mobiles et indépendants
(RTMI) entend apporter une réponse. Institué par le décret n° 00105/PR/MASPEF
du 26 mars 2026, ce dispositif vise à permettre aux travailleurs indépendants
d’accéder à la protection sociale et de cotiser en prévision de leur avenir.
Pour la
CNSS, l’enjeu est de rapprocher la sécurité sociale de catégories
professionnelles dont les activités ne leur permettaient pas toujours de
bénéficier des mécanismes classiques de cotisation. Il s’agit de donner à ces
travailleurs la possibilité de préparer leur retraite plutôt que d’affronter
seuls les difficultés liées à la fin de leur vie active.
C’est dans
cette perspective que la CNSS et la mairie de Libreville préparent une campagne
de sensibilisation et d’immatriculation des commerçants. Une séance de travail
s’est tenue le jeudi 15 octobre 2026, dans la salle de réunion du bâtiment annexe
Jean-François Ntoutoume Emane de la mairie.
Organisée
sur instruction du deuxième adjoint au maire, Juste Roméo Mouyopa, la rencontre
était présidée par Guy André Engohang Ovono, directeur général des Affaires
économiques. La délégation de la CNSS était conduite par Yves Léandre Ndhjally
Openda Salessi, chef du projet RTMI.
Les échanges
ont porté sur les modalités pratiques de déploiement de cette opération. Les
deux institutions prévoient de mobiliser leurs agents sur le terrain afin
d’informer les commerçants, de les accompagner dans les démarches
d’immatriculation et de leur expliquer les possibilités offertes par ce nouveau
régime.
La campagne
couvrira 16 marchés et sites commerciaux, publics et privés. Son lancement est
prévu le 26 octobre 2026, sous réserve de la finalisation des préparatifs et de
la validation du calendrier des interventions.
Cette
présence sur le terrain sera déterminante. Car l’existence d’un dispositif ne
suffit pas, encore faut-il que les premiers concernés le connaissent, en
comprennent les modalités et puissent y adhérer.
Sous
l’impulsion conjointe du directeur général de la CNSS, Olivier Rebienot
Pellegrin, et du maire de Libreville, Eugène M’ba, cette collaboration vise à
rapprocher les services de protection sociale des acteurs de l’économie
urbaine.
Derrière
cette campagne se joue une question de dignité. Les commerçants qui consacrent
leurs journées à faire vivre leurs activités doivent aussi pouvoir envisager
l’avenir avec moins d’incertitude. Car lorsque l’âge avance et que les forces
diminuent, continuer à travailler par nécessité peut devenir une épreuve.
La retraite
ne devrait pas être le début d’une nouvelle précarité après des décennies
d’efforts. En facilitant l’accès à la cotisation, le RTMI ouvre une perspective
à ceux qui souhaitent construire progressivement leurs droits sociaux.
Pour les
commerçants, l’enjeu dépasse une simple formalité administrative, il s’agit de
préparer le temps où le repos ne sera plus un luxe, mais un droit, après une
vie entière de travail.
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