Cyril Ondzigui, Expert Africain en Stratégie Marketing,
Management Commercial Communication et RSE
“Une entreprise qui veut vivre doit faire du
marketing”
Journaliste (J) : Monsieur Ondzigui, vous affirmez souvent
qu’« une entreprise qui veut vivre doit faire du marketing ». Pourquoi cette
conviction si forte ?
Cyril Ondzigui (C.O.) :
Parce que c’est une vérité fondamentale. Une entreprise
peut avoir le meilleur produit du monde, mais sans marketing, elle reste
invisible.
Le marketing, c’est la respiration d’une entreprise, c’est
ce qui lui permet d’exister dans le cœur et l’esprit des consommateurs. Il ne
s’agit pas seulement de vendre, mais de créer du sens, de l’émotion et de la
valeur.
Une entreprise qui veut croître doit comprendre son marché,
écouter ses clients, raconter son histoire et s’adapter en permanence. C’est ce
que j’ai appris au fil de mes 22 années d’expérience au service des marques qui
marquent.
J : Vous avez eu un parcours impressionnant à travers
plusieurs pays africains. Pouvez-vous nous en dire plus ?
C.O. :
Mon parcours est le fruit de la passion et du travail. J’ai
eu la chance d’occuper des postes de direction commerciale et marketing dans
des multinationales opérant dans quatre pays : le Sénégal, le Tchad, le Gabon
et la Tanzanie.
À 24 ans, j’étais déjà Directeur marketing de Radio
Nostalgie Sénégal — une expérience qui m’a ouvert les portes du monde des
marques et des médias.
J’ai ensuite été le premier Gabonais à devenir Directeur
marketing du groupe Airtel au Tchad, puis le premier Gabonais à occuper la même
fonction chez Airtel Gabon, avec des résultats probants en matière de
positionnement et de part de marché.
J : Vous avez aussi fondé plusieurs structures qui se sont
imposées dans plusieurs pays…
C.O. :
Oui, j’ai créé trois entreprises aujourd’hui bien
implantées au Gabon, au Tchad, au Cameroun et en Guinée équatoriale. Ce sont
des marques fortes, mais je préfère ne pas citer leurs noms ici (rires) — je ne
voudrais pas leur faire de publicité gratuite !
Ce que je peux dire, c’est qu’un bon marketeur doit savoir
voyager dans le temps, anticiper les besoins du futur et surtout prendre du
plaisir dans ce qu’il fait.
J’ai eu la chance d’exercer dans des secteurs variés : la
téléphonie mobile, le mobile banking, les produits pharmaceutiques,
l’agroalimentaire, l’agro-industrie, mais aussi l’assurance. Chaque secteur m’a
appris à comprendre une nouvelle psychologie du consommateur.
J : Vous avez aussi travaillé dans le secteur public,
notamment à la CNAMGS…
C.O. :
Effectivement. J’ai eu l’opportunité de diriger le service
des prestations sanitaires et sociales de la CNAMGS, où j’ai mis en place un
dispositif de satisfaction des usagers dans les structures hospitalières.
C’était une expérience humaine enrichissante, qui m’a
montré qu’au-delà du marketing commercial, il y a aussi le marketing social,
celui qui touche les vies et améliore la qualité de service.
J : Et aujourd’hui, quelles sont vos priorités ?
C.O. :
Aujourd’hui, je suis passionné par les affaires
corporatives, la communication institutionnelle et la RSE.
Je travaille au sein d’une multinationale basée au Gabon,
où j’ai pour mission d’impacter positivement, de créer du lien émotionnel entre
les marques et les communautés, et d’ancrer la performance dans des valeurs
humaines.
Ma devise reste la même :
« Celui qui ne planifie rien, planifie son échec. »
Mon secret ? Ne jamais avoir honte de dire que je ne sais
pas. J’apprends chaque jour. Je dors rarement avant minuit, et je suis debout
avant six heures. C’est dans cette discipline que je trouve l’inspiration et la
force d’aller plus loin.
J : Quelle est, selon vous, la clé du succès d’une marque
forte ?
C.O. :
Une marque forte ne vend pas un produit, elle vend une
émotion.
Regardez autour de vous :
Nike ne vend pas des chaussures, il vend la motivation.
Rolex ne vend pas des montres, il vend le prestige.
Red Bull ne vend pas des boissons, il vend l’audace.
Apple ne vend pas des téléphones, il vend l’élégance.
Tesla ne vend pas des véhicules, il vend l’innovation.
Hermès ne vend pas des sacs, il vend la distinction.
Les gens n’achètent
pas ce que tu fais, ils achètent ce que ça dit.
Quand ils te choisissent, ta marque devient une extension
de leur identité.
Alors, si tu es entrepreneur, retiens ceci :
Arrête de vendre un produit. Commence à vendre une émotion,
une valeur, une ambition.
Vise le cœur, pas seulement la logique.
J : Quelle est la question que tout entrepreneur devrait se
poser chaque matin ?
C.O. :
Deux, en réalité :
1️ - Quelle émotion ou valeur ma
marque incarne-t-elle ?
2️ - Est-ce que mes clients la
ressentent vraiment ?
Parce qu’au fond, le succès d’une marque repose sur un seul
principe : créer un lien émotionnel entre le produit et le client.
Références professionnelles : Nostalgie, On Air, Airtel,
Celtel, Zain, Kaldokaldo, Blue Santé, Camtel, Hit Radio, Cusinor, Olam, Ogar, cnamgs.
Formations : Master 2 en stratégie marketing et
intelligence, mini MBA en télécommunications, Master en marketing digital
(programme Airtel – Harvard Business School, Kenya), coach et formateur
certifié EMA Afrique.
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