Paris, 20 juillet 2026-Eramet, sa filiale
gabonaise Eramet Comilog et la République gabonaise ont signé à Paris un protocole
d'accord stratégique visant à renforcer la transformation locale du minerai de
manganèse. La signature est intervenue en présence du Président de la
République gabonaise, Brice Clotaire Oligui Nguema, et du Président de la
République française, Emmanuel Macron.
Cet accord marque une nouvelle étape dans la
politique d'industrialisation du Gabon, avec pour ambition d'accroître la
valeur ajoutée créée sur le territoire, de développer des emplois durables et
de positionner le pays comme un acteur majeur de la chaîne de valeur des métaux
de la transition énergétique.
Trois projets industriels majeurs d'ici 2031
La feuille de route prévoit la transformation de 700 kt de minerai de manganèse
par an d'ici fin 2031 à travers trois projets structurants :
Une usine de production d'oxyde de manganèse
dans la région de Libreville, destinée principalement aux industries des
batteries pour véhicules électriques et des aciers haute performance. Sa mise
en service est envisagée à l'horizon 2028, avec une capacité initiale de 10 kt
par an.
La réhabilitation du Complexe Métallurgique
de Moanda (CMM) afin d'améliorer sa rentabilité et de relancer la production
d'alliages de manganèse. Le redémarrage des installations rénovées est prévu
pour 2029, avec une capacité pouvant atteindre 70 kt d'alliages par an.
La construction d'une nouvelle usine
d'alliages de manganèse près de la côte gabonaise. Cette infrastructure de
grande envergure pourrait entrer en service en 2031, avec une capacité de 265 kt
d'alliages par an, nécessitant la transformation de près de 530 kt de minerai.
L'énergie, condition essentielle du projet Le
protocole souligne que la disponibilité d'une énergie compétitive constitue une
condition indispensable au développement de ces projets industriels.
Le gouvernement gabonais s'engage à mettre en
place les infrastructures énergétiques nécessaires, notamment pour la future
usine d'alliages, avec l'appui de partenaires spécialisés.
Un comité de suivi, réunissant les représentants
de l'État gabonais, d'Eramet et d'Eramet Comilog, sera chargé d'évaluer
régulièrement l'avancement des projets et de veiller au respect des conditions
techniques, économiques et environnementales.
Une filière de biocharbon pour une industrie
plus verte L'accord prévoit également le développement d'une filière gabonaise
de biocharbon, produite à partir des résidus de l'industrie forestière.
Cette solution permettra de remplacer
progressivement le coke métallurgique importé, réduisant ainsi les émissions de
carbone liées à la transformation du manganèse.
Un four pilote est déjà opérationnel à
Lastourville, en partenariat avec Precious Woods, tandis qu'une unité de
production de 10 kt par an est à l'étude pour 2029.
Le fonds « Fabriqué au Gabon » pour soutenir
l'industrie locale Autre innovation majeure : la création du fonds d'amorçage
industriel « Fabriqué au Gabon ».
Porté par Eramet et Eramet Comilog, ce fonds
ambitionne de favoriser l'émergence d'entreprises industrielles gabonaises, de
renforcer le tissu économique national et de contribuer à la création de 3 000
emplois à terme.
Cette initiative s'appuiera notamment sur la
politique d'achats locaux d'Eramet Comilog et de Setrag afin de développer un
véritable écosystème industriel gabonais.
Une vision commune pour l'avenir Pour
Christel Bories, Présidente-Directrice Générale d'Eramet, ce protocole traduit
une volonté commune de bâtir un partenariat durable au service de
l'industrialisation du Gabon.
Elle souligne que cette feuille de route,
élaborée conjointement avec les autorités gabonaises, repose sur des études
techniques approfondies, une répartition claire des responsabilités et une
méthode de travail transparente, créant ainsi les conditions nécessaires à la
réussite des différents projets.
Avec cet accord, le Gabon franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de transformation locale des ressources minières, en misant sur l'industrialisation, la création d'emplois, la transition énergétique et le développement d'une économie plus compétitive et durable.
Marcelin
Il y a 0 Commentaire(s)