La société ‘’La Santé Pharmaceutique’’ au Gabon, actuellement
au bord du précipice, risque, si rien n’est fait mettre la clé sous le
paillasson. Une situation qui pourrait écorner l’image du pays auprès de
nombreux investisseurs, et tirer à contre courant la volonté des plus hautes
autorités d’une part à promouvoir le ‘’ Made in Gabon’’, et, d’autre part la
garantie l’offre de soins à la population.
Les médicaments d’une valeur de plus de 700.000.000 de FCFA
en cours de péremption, 7 mois de salaires impayés, 70 Gabonais vers le
chômage, de nombreux projets porteurs qui ne verront plus le jour, voilà le
sombre tableau qui représentent aujourd’hui cette société qui devait
révolutionner le secteur de la santé avec la fabrication sur le territoire
national des produits pharmaceutiques homologués, accessibles et à moindre
coût. Une entreprise qui avait suscité une certaine fierté et l’espoir d’en
finir avec la pénurie des médicaments dans les différentes structures
hospitalières.
Pourtant depuis près de six mois, ce rêve semble s’éloigner
et c’est la désolation qui semble prendre place au regard de l’état actuel des
lieux.
Malgré des nombreux appels lancés pour la sauvegarde de
cette société stratégique, rien ne semble bouger du côté des décideurs.
L’impression qui se dégage est celui d’un total désintéressement, au point où
certaines voix s’interrogent sur les conséquences de la mort programmée de
cette entreprise, non seulement sur le plan local, mais aussi auprès des investisseurs
étrangers.
En effet, la mise à mort de ‘’ La Santé Pharmaceutique’’,
qui ressemble plus ou moins à un ‘’ sacrifice sur l’hôtel du cartel du
médicament ‘’ renvoie un cliché négatif de la vision des plus hautes autorités
qui ont fait de la santé, l’une des priorités de leur programme. Tuer une
société locale de fabrication des médicaments c’est aller à contre rebours de
cette politique et de cette volonté.
Mieux, la promotion de la fabrication locale, un engagement
du Président de République, qui en fait un véritable sacerdoce semble tomber
sous le sens, lorsque les produits fabriqués à la Zone Économique de Nkok à une
trentaine de kilomètres de Libreville prennent la direction de la poubelle,
préférant ceux qui reviennent de l’hexagone ou des États-Unis d’Amérique.
Malgré l’exclusivité de vente accordée aux produits
pharmaceutiques issus de ‘’La Santé Pharmaceutique’’, aucun suivi pour son
application. Aucune commande de la part du ministère de la Santé Publique alors
que les centres de santé souffrent d’un manque criad de médicaments de première
nécessité.
Alors que l’emploi est une préoccupation majeure du Chef de
l’Etat, voilà près de 70 Gabonais qui vont devoir rallonger la liste des
chômeurs avec toute ce que cela comporte comme conséquences pour des personnes
qui avaient déjà des revenus stables.
La fermeture de ‘’La Santé Pharmaceutique’’ qui sera
considérée comme une faillite politique risque aussi de décourager de nombreux
investisseurs.
En effet, ceux qui analysent la situation que traverse La
Santé Pharmaceutique’’ estiment que certains domaines sont ‘’réservés’’ et même
‘’ protégés’’. Des chasses-gardé où aucune infiltration n’est possible. Une
réalité effective dans le domaine du médicament où un monopole asphyxiant par
une minorité est palpable.
Certes La Santé Pharmaceutique’’ reste un grand malade.
Mais elle peut encore être sauvée si et seulement si une thérapeutie politique
efficace lui est administrée. La mort de cette entreprise risque de remettre en
question les politiques publiques annoncées en matière de santé qui, en somme
ne traduisent pas les réalités sur le terrain. Une contradiction qui interroge.
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